Dans mes différents exercices, j'ai toujours attaché une grande importance à donner aux patients des informations fiables, fondées et compréhensibles, pour permettre à chacun•e d'être, tant que faire se peut, le décisionnaire de ses soins, en connaissance de cause.
Depuis plusieurs années, je m'intéresse particulièrement à la prévention. J'ai vu se développer l'intérêt pour la longévité, avec un mérite réel : rendre désirables des comportements favorables à la prévention des grandes familles de maladies chroniques (cancers, maladies cardiovasculaires, métaboliques et neurodégénératives).
Toutefois, tant la médecine traditionnelle que les start-ups traitent l'individu comme s'il était isolé. Or les gens ne vivent ni seuls dans le désert, ni dans des chambres d'isolement : ils appartiennent à des groupes, des communautés, des collectifs ; ils habitent, travaillent, se déplacent, respirent, boivent, ressentent, s'exposent dans leur environnement.
Ces deux dimensions, l'action collective et l'environnement comme déterminant majeur de santé, sont sous-estimées dans les approches de prévention.
Xpozom est né de ce constat.
Le projet vise à rendre plus visible ce que nous recevons de notre environnement, jour après jour, puis à transformer ces informations en repères utiles. Pour commencer, Xpozom croise des données de localisation avec des données environnementales publiques : qualité de l'air, pollens, UV, température, eau potable et autres marqueurs disponibles.
Progressivement, le profil pourra devenir plus fin : plusieurs lieux de vie, trajets, modes de transport, activités, vacances, environnement intérieur. Tout ne viendra pas d'un téléphone, et tout ne doit pas en venir. Le projet pourra combiner des données captées automatiquement, des données issues d'autres services, et des informations plus classiques recueillies par questionnaires.
L'ambition est de construire un profil exposomique utile à deux niveaux.
D'abord, des conseils simples, concrets, de bas niveau, proposés au bon moment : aujourd'hui, cette semaine, ou à intervalles réguliers.
Ensuite, une lecture rétrospective des données recueillies dans le temps, pour discuter de mesures individuelles ou collectives plus durables : choix de trajets, habitudes d'aération, organisation du travail, adaptation des lieux, arbitrages du quotidien.
Ces conseils et mesures ne reposent pas sur une promesse magique. Ils s'appuient sur les grands principes de la prévention, sur des recommandations publiques d'organisations officielles et de sociétés savantes, ainsi que sur des publications scientifiques vérifiables.
Xpozom est aujourd'hui un prototype expérimental. Il ne remplace ni un avis médical, ni un diagnostic, ni une prise en charge. Les analyses rétrospectives sont encore réalisées par un humain. Le service ne propose pas de prédiction médicale personnalisée et ne s'adresse pas, à ce stade, à la prise en charge de pathologies spécifiques.
Au fil du temps, les données composent une mémoire environnementale personnelle : une trace située, propre à chaque personne, qui ne vaut pas seulement par chaque mesure isolée, mais par les variations, les répétitions et les contextes qu'elle révèle.
C'est le premier résultat que j'aimerais obtenir : rendre l'environnement plus lisible, pour mieux comprendre ce qui nous entoure, ce qui nous affecte, et ce sur quoi nous pouvons agir.